Réunion du réseau pour le séminaire de fin d’année

Du 7 au 9 juillet, Espérance banlieues a réuni l’ensemble de son réseau pour un séminaire ; l’occasion de dresser ensemble le bilan de l’année scolaire écoulée et d’approfondir la formation. L’événement a également permis d’accueillir les nouveaux membres, en vue de créer une cohésion de groupe, des synergies, ainsi que des partages de bonnes pratiques.

Une première journée consacrée aux membres des associations

Entre témoignages d’acteurs engagés dans les quartiers et approfondissement des fonctions de l’association (trésorerie, communication, recrutement…), les membres des associations ont pu améliorer leur connaissance du terrain et se professionnaliser dans leurs fonctions.

Tout le réseau réuni pour 24h

Avec l’arrivée des professeurs et directeurs d’écoles le lendemain, l’équipe nationale a présenté une rétrospective de l’année et partagé les expériences vécues. Ce fût aussi l’occasion pour les nouvelles écoles du réseau de se faire connaître. Afin de prendre du recul sur les tâches concrètes, l’après-midi a été marquée par une conférence du philosophe Fabrice Hadjadj. Ce dernier, après avoir distingué la transmission de la communication, a dressé le portrait de ce qu’est un maître : un passionné avant d’être un pédagogue. Il a ainsi évoqué  la primauté de l’être sur l’avoir et le savoir, et rappelé que « devenir une personne » est bien le but de l’existence, et donc un objectif qui doit animer le corps enseignant. Pour ce faire, la confiance, qui implique un pas dans l’obscurité, est nécessairement à donner. De là naît la fiabilité. Cette conférence a suscité questions et réflexions, qui n’ont pas manqué d’alimenter les conversations au cours du repas. La journée s’est conclue par un spectacle organisé par l’école de Mantes La Jolie.

Une réflexion sur le rôle du maître pour conclure la journée dédiée aux directeurs et professeurs

Après une matinée d’ateliers et d’échange de bonnes pratiques, le corps enseignant des écoles Espérance banlieues a assisté à la conférence donnée par François-Xavier Bellamy, qui a interrogé le rôle du maître. Le terme évoque-t-il le rapport à un élève ou à un esclave ? Trop souvent le maître est la figure de l’enseignement honnie par la pédagogie contemporaine, largement en raison de l’influence majeure exercée par les travaux de Michel Foucault. Celui-ci a voulu voir dans la maîtrise d’un savoir un instrument de pouvoir avant tout. Partant, l’apprentissage ne devrait pas être magistral car le maître est suspecté de rechercher le pouvoir, d’exercer un contrôle. Cette vision fait l’impasse sur le fait que la fonction du maître n’existe qu’à la condition de la liberté de l’élève. Précisément la transmission du maître à l’apprenti renverse l’idée de son unique fonction de contrôle. Aîné dans l’existence, l’instituteur est l’instrument d’une liberté nouvelle. En effet, si tout était à notre hauteur, on ne pourrait être élevé. Le maître est au service du plus petit, qui est comme « un nain sur les épaules d’un géant » : son aîné lui permet de voir plus loin que lui. Ainsi, le plus grand service est d’assumer son rôle de maître et  d’inviter l’élève à se dépasser. Car ce qui tue l’école, c’est l’ennui.

Les conférences ont été des moments clefs du séminaire et ont suscité un enthousiasme unanime des participants. Après ces trois jours de partage et de convivialité, les professeurs se sont remis au travail avec trois semaines de formation au siège d’Espérance banlieues.

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