Retour du sommet européen de l'éducation

Retour du sommet européen de l’éducation

Retour du sommet européen de l’éducation qui s’est déroulé hier à Bruxelles au Centre The Square.

Ce Sommet avait pour ambition de poser les fondements de l’éducation d’ici 2025, au sein de l’espace européen. Ce premier événement du genre a rassemblé des ministres de l’Education et des intervenants du monde de l’éducation issus de tous les pays de l’Union Européenne. Ce sommet était organisé à l’initiative de Tibor Navracsics, commissaire européen chargé de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et du sport. Le commissaire européen s’était fixé pour objectifs de permettre aux ministres européens en charge de ce portefeuille et aux acteurs de terrain de réfléchir ensemble au« futur de l’Europe ».

En premier lieu, le sommet a commencé par une table ronde d’introduction : Compte à rebours jusqu’en 2025, une vision pour l’espace européen de l’éducation. Tibor Navracsis y participait avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation en France, Petra Kammerevert présidente de la commission de la culture et de l’éducation du Parlement européen, Anna Ekström, ministre de l’enseignement secondaire supérieur et de l’éducation des adultes et la formation en Suède et Zoltán Balog, ministre des Capacités Humaines de Hongrie.

« Les systèmes européens d’éducation et de formation doivent donner aux personnes de tous horizons les compétences nécessaires pour progresser et prospérer professionnellement, mais aussi leur permettre d’être des citoyens engagés. », a introduit Tibor Navracsis. Manifestant ensuite l’envie d’exploiter le potentiel de l’éducation pour favoriser la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance, il a proposé de construire l’éducation à partir des valeurs communes européennes et de veiller à ce que celle-ci permette aux élèves de vivre leur identité dans toutes leurs diversités.

Ensuite, Jean-Michel Blanquer a proposé une vision positive pour l’avenir grâce à l’éducation en recentrant notamment les programmes sur l’apprentissage des fondamentaux (lire, écrire, compter). Pour lui, l’objectif final de l’école est de permettre à des enfants de s’engager dans le monde adulte avec le maximum d’atouts. Ce constat et ces analyses sont largement partagées par Espérance banlieues.

Espérance Banlieues et l’éducation inclusive :

Ensuite, dans une session parallèle, Eric Mestrallet, président fondateur d’Espérance banlieues, et Caroline Boswell, responsable de la partie Jeunesse et Education de l’autorité du Grand Londres (l’administration chargée de la gestion du Grand Londres, l’une des neuf régions anglaise), ont échangé pendant une heure au sujet de l’éducation inclusive.

Certaines catégories de la population demeurent exclues de l’école ou n’en tirent pas suffisamment profit pour espérer raisonnablement se construire une « vie meilleure ». En effet, la notion d’inclusion vise à réformer les systèmes éducatifs de façon à ce qu’ils répondent, de manière équitable, à la diversité des apprenants. C’est à l’école d’être démocratique pour accueillir toutes les différences des élèves, quelles qu’elles soient.

Caroline Boswell s’est exprimée sur son expérience de responsable de la jeunesse et de l’éducation ; notamment sur son dernier projet de mettre des centres de jeux dans les quartiers. Cette dernière s’est fixée comme objectif de rendre Londres plus conviviale pour les jeunes et de développer des structures dédiées à cette population, pour une ville plus inclusive.

Apres la diffusion d’un film présentant les écoles d’Espérance banlieues, Eric Mestrallet a exprimé de façon pragmatique son point de vue sur l’éducation inclusive. Pour lui, elle nécessite de repenser le cadre de l’organisation de l’école. Et cette réorganisation a déjà été pensée et mise en oeuvre au sein du réseau Espérance banlieues.

Avec, notamment les trois axes fondamentaux du model Espérance banlieues :
  • académique : adapter les programmes et la pédagogie aux besoins effectifs des élèves tels qu’ils sont constatés sur le terrain, et respecter un socle de connaissances fondamentales.
  • éducatif : classes de petits effectifs, professeurs éducateurs, vouvoiement…
  • intégratif/inclusif : par la mise en place de symboles et de rituels qui constituent des outils de cohésion et d’intégration comme l’uniforme, l’étendard de l’école, les rassemblements dans la cour, le lever des couleurs de la France et de l’Europe.

Espérance banlieues a été créé il y a 6 ans par Eric Mestrallet, père de famille et entrepreneur. Le réseau est né d’un cri du coeur :  comment supporter que le lieu de naissance détermine à ce point la vie de ces jeunes ! Ce constat alarmant est repris par toutes les études internationales, dont Pisa qui définit le système français comme le plus inégalitaire au monde. Espérance banlieues se félicite et se réjouit des échanges très construtifs allant de ce sens au sein de l’Union Européenne. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres.

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