France Bleu, 27 novembre 2016 : Une école d’un nouveau genre, avec moins d’élèves par classe, s’est installée à Saint-Étienne

Cela fait deux mois que le cours La Fontaine a ouvert à Saint-Étienne (Loire). Cette école primaire affiliée au réseau de la fondation Espérance Banlieues est la huitième du genre en France. Objectif : individualiser l’enseignement et réduire le nombre d’élèves par classe.

Après deux mois dans le quartier Montaud à Saint-Étienne (Loire), le cours La Fontaine ressemble à une véritable école. Cet établissement d’enseignement primaire a une cour cloisonnée, des tables, des chaises, des tableaux, des pots de peinture et même un petit réfectoire où les élèves prennent obligatoirement un repas commun deux fois par semaine. Les écoles Espérance banlieues ont surtout une méthode bien à elles. L’un des principaux objectifs est de réduire le nombre d’élèves par classe, maximum quinze, pour un meilleur suivi individuel.

Une année test

Au pied du parc de Montaud, le démarrage se fait en douceur. Pour l’instant il n’y a que quatre élèves, deux en CP -CE1, deux en CE2-CM1. Un cinquième pourrait bientôt arriver. L’école espère en accueillir d’autres l’an prochain. Le prix est de 50 euros par mois et par élève, “on souhaitait une véritable adhésion des parents” explique le directeur Denis Fabre.

L’école a pu s’installer grâce à la fondation, financée par des sociétés privées et des donateurs particuliers, et vit aussi aujourd’hui de donations locales. En comparant son école à Montfermeil (en région parisienne) avec la moyenne de l’Éducation nationale, Espérance banlieue explique même que son modèle coûte moins cher. La fondation avance les chiffres de 4451 euros par élève de primaire contre 6120 euros dans l’Éducation nationale en 2014-2015.

La Marseillaise chantée le lundi matin

Pour l’instant, ces effectifs très réduits collent parfaitement à l’esprit d’Espérance banlieues. Deux élèves par classe, on peut difficilement faire mieux pour individualiser les parcours. Pendant que le petit Joseph planche sur ses exercices prévus à l’avance par Anne, la maitresse, elle peut pleinement se consacrer à Rayan. Ce petit ne regrette pas la classe de 28 élèves qu’il a troquée contre ces murs presque vides.

Avant, il y en, avait plein qui parlaient… (Rayan)

Ici, la maitresse vouvoie même les enfants. “Pour qu’ils apprennent le respect mutuel” explique le directeur et ancien militaire Denis Fabre. Dans son école, la discipline compte presque autant que l’enseignement. Dans la cour sont hissés les drapeaux de l’Union Européenne et de la France. Le lundi matin, les élèves chantent la Marseillaise devant les drapeaux et le vendredi soir, ils récitent une phrase : “En remerciement pour notre pays et notre famille qui nous permettent d’étudier”

C’est la marque dans nos écoles, on s’est aperçu que beaucoup d’enfants qui venaient des banlieues, en échec scolaire, considéraient qu’ils n’avaient pas toutes leurs chances. Du coup, il y avait un rejet de la France institutionnelle et de ses valeurs. C’est pour cela qu’on a cette cérémonie. (Denis Fabre)

Source : Article texte web France bleu du 27 novembre 2016 par Angy Louatah

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