Modèle

Une équipe d’éducateurs

Chaque école veille à recruter des professeurs qui soient aussi de vrais éducateurs et qui apprécient cette partie de leur métier. Ils sont ainsi à même de comprendre les réactions des enfants et de s’en servir pour les faire progresser. Ce fut par exemple le cas lors de la première année du Cours Alexandre-Dumas, lorsqu’un élève de 5e, le premier jour de classe, jeta son livre au visage de son professeur qui lui demandait de lire. Le professeur a vu l’élève seul à seul en fin de cours et ce dernier lui a avoué ne pas savoir réellement lire. Par peur d’être ridiculisé, l’élève avait réagi par la violence. Avec l’aide du professeur, l’élève a travaillé et amélioré sa lecture dans le courant de l’année. Son comportement a profondément changé. Seul un enseignant ayant de vraies compétences d’éducateur peut tourner au profit de l’élève ce type d’incident.

Les professeurs, par roulements, sont dans l’école toute la journée, constamment à la disposition des élèves.

Régulièrement, toute l’école se rassemble ; le directeur parle aux jeunes et leur donne le goût de progresser dans le respect des autres. Lui comme les professeurs sont disponibles et abordables : il est très simple pour les élèves de venir leur parler.

Les mesures de discipline concertées avec les parents

Lorsqu’un enfant a un problème de discipline, le directeur décide avec ses parents de la sanction à donner, et ce sont eux qui la signifient à leur enfant, dans le bureau du directeur, en présence de ce dernier. Les parents retrouvent ainsi leur autorité parfois perdue, et les enfants comprennent que parents et corps enseignant travaillent main dans la main pour leur éducation, et qu’il n’y aura pas moyen de les opposer les uns aux autres.

Un suivi régulier personnel de tous les élèves

Il existe un suivi individualisé de chaque élève. Les professeurs font le point ensemble sur chaque élève une fois par semaine lors de la pause de midi. C’est le « conseil d’école », qui fonctionne collégialement. Le corps professoral corrige et adapte son attitude envers les enfants en fonction de leur comportement mais également de leurs progrès académiques. C’est une pédagogie pragmatique de l’observation et de l’adaptation constante au terrain.

L’apprentissage de la solidarité et des responsabilités

Les élèves sont répartis en groupes inter-âges sous la responsabilité des plus grands. Les membres de chaque équipe apprennent à collaborer et s’entraider au-delà des différences d’âge et d’origine. C’est notamment un moyen de prévenir les tensions interethniques au sein de l’école. C’est aussi une école de responsabilisation de chacun. En apprenant à être des contributeurs fiables au bon fonctionnement de la communauté scolaire, ils se préparent à être des citoyens utiles engagés dans la vie locale.

Aider chaque enfant à se projeter professionnellement

Trop d’élèves de banlieue ne croient pas à leur avenir, n’osent pas s’imaginer avec un vrai métier. Quand un élève est porté par une ambition professionnelle, il travaille mieux à l’école.

Les écoles organisent des témoignages de professionnels au sein de l’école, des sorties pour découvrir différents métiers, et des stages en entreprise pour aider les jeunes à trouver leur voie.

Le corps professoral aide les jeunes à découvrir ce qui les intéresse le plus et à construire un projet professionnel. Il les pousse à être ambitieux pour eux-mêmes, à se fixer un objectif et à se donner les moyens de réussir.
Une réelle pédagogie du succès a été mise en place à cet effet. Les élèves les plus méritants, que ce soit sur le plan du comportement ou des notes, se voient récompensés et encouragés. Seule la progression compte pour être encouragé. Ainsi, même un élève ayant 5/20 mais dont les notes précédentes étaient plus basses est récompensé. Cela permet de redonner confiance aux enfants et de leur ouvrir les portes du monde adulte.

L’uniforme

Chaque école a son uniforme. Très simple et adapté au style de la banlieue, il est généralement composé d’un sweat de couleur et d’un haut blanc arborant le logo de l’école, avec lesquels l’élève porte un bas noir. Les élèves y sont souvent très attachés. Il fait partie intégrante du projet éducatif : son port contribue à la cohésion de l’école et à l’intégration des enfants ; il se mérite au bout d’un mois d’observation pour les nouveaux. L’uniforme représente aux yeux des élèves l’appartenance à l’école, c’est pour eux un symbole très fort. Les enfants doivent se montrer «dignes » de leur uniforme. En cas de problèmes de discipline graves, il peut être retiré provisoirement à l’élève ; le cas s’est présenté déjà quelques fois, de manière exceptionnelle. Cette punition s’est révélée très impactant : l’enfant réalise que son appartenance à l’école n’est pas inconditionnelle, et qu’il doit se montrer coopératif s’il veut en rester un membre.

Apprentissage de la culture française

La grande majorité des élèves sont issus de l’immigration, et n’ont pas accès à la culture française au sein de leur famille. Une bonne partie d’entre eux n’entendent pas parler français chez eux. Le premier apprentissage est donc celui de la langue : savoir s’exprimer correctement en français est la première clef indispensable pour s’épanouir dans la société française, tout comme la maîtrise de la lecture et de l’écriture. Les enseignants et éducateurs prennent ce travail comme une priorité.

L’appartenance à un pays est également liée à sa connaissance : connaissance de son Histoire, de sa géographie et topographie, des coutumes nationales et régionales… Les cours d’Histoire-Géographie ont donc une importance particulière dans les écoles Espérance banlieues. Cet apprentissage de la culture française passe aussi par de nombreuses activités culturelles, ainsi que des sorties : les écoles peuvent ainsi amener les élèves hors de leur quartier et leur faire découvrir une région, des monuments ou simplement la nature, où ils ne se seraient pas rendus par eux-mêmes.

Respect et familiarisation avec les symboles de la nation

Le drapeau français doit être arboré dans les écoles publiques. A Espérance banlieues, le drapeau a une place importante ; toute l’école se rassemble pour le hisser, quotidiennement ou hebdomadairement, dans une attitude de respect et de reconnaissance.

Au Cours Alexandre-Dumas, le directeur rappelle à ce moment que les élèves doivent leur scolarité à leurs parents et à leur pays, représentés par le drapeau. Suivant les écoles, l’hymne national peut être chanté à ce moment, ainsi que l’hymne européen.

Apprentissage de la fraternité

Les écoles Espérance banlieues ont à cœur de développer le sens de la fraternité chez les élèves : cette valeur de la République est un axe de réflexion central pour leur action. En effet, les enfants doivent vivre ensemble en se respectant mutuellement. Ils sont poussés à dépasser leurs différences qui pourraient les renfermer sur eux-mêmes (origine géographique, religion), et à former un groupe uni avec leurs camarades.

Equipe Espérance Banlieues