Pédagogie

Le Cours l’Odyssée à Angoulême dans Sud Ouest

Le cours l’Odyssée à Angoulême, une école Espérances banlieues, accueille actuellement cinq élèves. Reportage de Sud Ouest à l’occasion du lever des couleurs dans cette nouvelle école du réseau.

ANTOINE BENEYTOU
angouleme@sudouest.fr

Hier matin, 8 h 20, allée du Bois, à Angoulême. Depuis la rentrée, c’est là, dans d’anciens locaux du Département, que l’école indépendante de la fondation Espérances banlieues, a ouvert ses portes. Hors contrat et sans financement municipal. Son nom : le cours l’Odyssée. Dans la petite cour de l’établissement, cinq élèves accompagnés de leurs enseignantes et du directeur sont alignés. Malgré le froid matinal, la main sur le cœur, les jeunes pousses entonnent « La Marseillaise ». Deux couplets, dont le septième. « Celui des enfants », précise Geoffroy Blanc, le directeur. Avant de chanter l’hymne national, le responsable a pris soin de lever les drapeaux français, européen et de la fondation. Le rituel est le même chaque jour. Mais cette matinée est un peu particulière.

« Toujours plus haut se hisser »

Le maire, Xavier Bonnefont, a été convié. Les portes ont été ouvertes à la presse. Les parents de ces enfants issus des quartiers angoumoisins (Bel Air, Grande-Garenne, Basseau) sont aussi présents. C’est qu’en ce lundi, une cérémonie se tient au cours l’Odyssée pour accueillir deux nouveaux élèves : Sarah et Mahey-Dine. Après l’hymne, les deux enfants sont comme « intronisés » dans leur nouvelle école, portant l’effectif total à cinq élèves sur 19 places possibles. Dans les prochaines semaines, deux nouveaux enfants doivent arriver. Pour l’occasion, le cérémonial est bien rôdé, rien n’est laissé au hasard. « Mahey-Dine, approchez ! », lance le directeur, debout face aux élèves dans la cour. Ici, le vouvoiement est de rigueur. L’uniforme arrivera quant à lui dans quelques jours. « Que cherchez-vous au cours l’Odyssée ? » « Je veux apprendre, m’épanouir et me préparer à prendre ma place dans la société », répond le petit garçon. Le directeur reprend : « C’est très sérieux.

Au cours l’Odyssée, nous voulons franchir tous les obstacles et toujours plus haut nous hisser ! Pour cela, nous avons adopté une charte et une devise. Êtes-vous disposé à suivre et à travailler de votre mieux ? » « Oui monsieur le directeur, je le promets. » Geoffroy Blanc demande ensuite aux autres élèves s’ils s’engagent à accueillir au mieux leur camarade. « Oui monsieur le directeur », répond en chœur la jeune assemblée. Mahey-Dine demande ensuite l’autorisation à son père, présent hier matin. Idem, pour Sarah. « Au cours l’Odyssée, toujours plus haut se hisser ! », scandent une nouvelle fois les élèves. Puis vient l’heure de l’entrée en classe.

« Une approche pragmatique »

Dans la cour, les parents ont semble-t-il apprécié. « J’aime bien, ça me rappelle l’ancienne école, avec la discipline, la politesse », souffle Soliman, le papa de Mahey-Dine. « Cela permet de transmettre les valeurs morales, ça me convient », confie de son côté Abdellah Laqdach, père de Nadhir-Safouane premier inscrit sur la liste, en septembre. « C’est un bon complément de son éducation », estime le papa. Au cours de cette matinée, le directeur Geoffroy Blanc a réitéré sa volonté d’être « une école avec une approche pragmatique. »

Les deux enseignantes s’appuient sur la méthode syllabique pour la lecture, ou encore sur la méthode dite « de Singapour », pour les maths, donnant la part belle à la manipulation. Le vendredi après midi est quant à lui réservé à des sorties. Les élèves ont, par exemple, découvert le musée du Papier et différents monuments du centre-ville d’Angoulême. Par ailleurs, Geoffroy Blanc a répété la volonté de la fondation Espérances banlieues, d’adosser dans les prochaines années, un collège à l’école élémentaire.

Invité à la cérémonie hier matin, le maire d’Angoulême a donc assisté au lever des couleurs. « Ce qui m’intéresse avec l’Odyssée, c’est que cela porte une solution complémentaire à ce que peut apporter l’Éducation nationale dans les quartiers. […] Des familles ont tendance à démissionner. […] Dans nos écoles, des enseignants nous disent “Je ne sais plus faire” avec tel ou tel enfant. L’Éducation nationale n’est plus en mesure d’apporter une solution à des enfants en particulier. » Et quid des rituels traditionnels ? « Même si ça peut paraître surprenant ou choquant, je pense que c’est plutôt ressourçant et intéressant pour les familles.

Cela rappelle les valeurs de la République. » L’élu estime par ailleurs qu’il doit y avoir « une coordination et une communication avec nos écoles. Il peut y avoir des allées et venues. » Le directeur Geoffroy Blanc a en effet expliqué que le cours l’Odyssée n’avait pas vocation à « garder » les élèves, ces derniers pouvant revenir dans le circuit scolaire classique.

Source : Sud Ouest.

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