Le Progrès : Espérance banlieues : l’école où Céline Alvarez côtoie la Marseillaise

L’effectif a atteint 19 élèves pour deux classes. Prochain challenge : ouvrir une classe de 6e.

Ici, les filles sont en rose fuchsia et les garçons en vert bouteille. Les punitions se prennent « en accord » avec les parents. Chaque semaine, les élèves chantent en chœur La Marseillaise , devant le lever du drapeau français, celui de l’école et celui de la ville. Les enfants sont vouvoyés par les adultes, quel que soit leur âge et ils participent activement au rangement de la salle de déjeuner, après la pause, sous la direction de chefs d’équipes. Le directeur est un ancien militaire. Bienvenue au Cours la Passerelle, installé à Pierre-Bénite, dans le quartier de Haute Roche, depuis septembre. Pas comme les autres, l’école appartient au réseau d’Espérance Banlieue, qui a essaimé partout en France.

Soutenu très activement par la mairie de droite, le Cours La Passerelle loue ses locaux à la Ville. Après des débuts difficiles, notamment pour recruter des élèves, l’école alternative a pris son rythme de croisière et accueille actuellement 19 élèves dans deux classes. Objectif : ouvrir une classe de 6e l’an prochain, pour permettre aux CM2 de poursuivre l’aventure.

Pour motiver les élèves : des rallyes lecture

Francisque Reboullet, président de l’association explique qu’ici, ce qui compte, ce sont les fondamentaux : « Lecture, écriture et maths. Certains élèves, quand ils arrivent, ont deux ou trois ans de retard. Chez eux, ils ne lisent pas. »

Dans un système classique, ils se retrouvent, selon les membres de l’association, rapidement à la traîne : « Sauf que l’Éducation nationale considère que la lecture est acquise et elle passe à autre chose », déplore le président. Ici, on fait du cas par cas et on va chercher les méthodes qui ont fait leurs preuves. Pour motiver les élèves, des rallyes de lecture sont organisés, avec un gagnant récompensé à la fin de l’année.

Ici, l’idée, c’est de s’adapter à chaque enfant, en trouvant la méthode qui lui convient le mieux. Par exemple celle de Céline Alvarez, très médiatisée ces derniers mois, et inspirée notamment de la méthode Montessori, avec des bûchettes, permet aux enfants d’apprendre les maths en allant « du concret vers l’abstrait ». Pour l’histoire, c’est un enseignement chronologique qui est privilégié et la matière « fait partie des fondamentaux de la République. »

Ici, le relationnel et le comportement sont au moins aussi importants que les matières fondamentales : « être calme, ne pas s’insulter, ne pas se provoquer en permanence. Il a fallu expliquer. Au début, les institutrices ont passé leur temps à ça ! » Et en cas de problème grave, les enfants peuvent se voir retirer temporairement leur uniforme : « L’enfant réalise que son appartenance à l’école n’est pas inconditionnelle, indique le président. Et qu’il doit se montrer coopératif s’il veut en rester un membre. »

Source : Article texte web du Progrès du 24 janvier 2017 par Élise Colin, elise.colin@leprogres.fr.

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