Le Parisien du 6 novembre 2016 : Mantes-la-Jolie : l’école privée qui séduit les déçus du public

Mantes-la-Jolie, vendredi. L’école Espérance banlieue attire des parents déçus du manque de discipline dans l’école publique.

Elle a ouvert en septembre, en toute discrétion, au pied des tours du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie. Avec tout juste trente élèves inscrits, l’école Espérance banlieue – la deuxième dans le département après celle de Sartrouville et la huitième en France – a déjà réussi son pari : celui d’attirer des enfants de cette cité populaire (ils sont 28 sur 30), en dépit de frais de scolarité de 55 € par mois et de méthodes atypiques.
Ici, on chante la « Marseillaise » et les écoliers portent des uniformes, facturés 120 € à chaque famille. Voilà pour les clichés. A y regarder de plus près, les enfants sont à l’image de ce quartier, de toutes origines. Les parents vivent au Val-Fourré ou dans les environs et ont tous connu l’école publique, ses avantages et ses inconvénients, ses qualités et ses rigidités. Désormais, ils disposent du numéro de téléphone de l’instituteur de leur enfant et reçoivent, à l’occasion, des textos félicitant le travail de leur fils ou les bonnes notes de leur fille. Le midi, chaque enfant apporte son propre repas. C’est moins cher et fait taire les polémiques sur les repas « porc » ou « sans porc ». Des aspects qui restent toutefois secondaires par rapport aux motivations profondes des parents.

« Nous avons fui un environnement que nous ne supportions pas pour nos enfants », résume un papa, soucieux de préserver son anonymat. « Depuis que nos deux plus grands enfants sont ici, nous sommes plus apaisés, plus tranquilles, renchérit un couple du Val-Fourré. Dans sa précédente école, notre plus grand fils se faisait embêter. Personne n’a rien fait. Désormais, il est heureux ici et il n’y a aucun problème de discipline. »

Le mot revient sans cesse dans la bouche des parents interrogés. Si aucun ne remet en cause la qualité de l’enseignement public, beaucoup dénoncent le laisser-aller des élèves et des équipes enseignantes dans l’Education nationale. « Mon petit garçon revenait de l’école en nous parlant des gros mots et des insultes qu’il entendait, rapporte Amathone, papa d’un enfant de 5 ans. Depuis, c’est fini. Ici, c’est carré, les élèves respectent leurs profs. » Ce jeune homme s’étonne presque d’être interrogé sur les valeurs de patriotisme véhiculées dans l’établissement. « Cela ne me choque pas, glisse-t-il. Au contraire : on est français, il faut en être fier. Où est le mal de chanter la Marseillaise ? »

Source : Article web Le Parisien par Mehdi Gherdane le 6 novembre 2016

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