Une école Espérance banlieues ouvre à Angers

Effectifs réduits, discipline et uniformes. Une école privée hors contrat devrait ouvrir en septembre dans l’un des quartiers d’Angers.

Les filles d’un côté, les garçons de l’autre. Sur le prospectus des écoles Espérance banlieues, les enfants sont tout sourire. Pulls bordeaux pour elles, verts pour eux. Des vêtements « très simples et adaptés au style de la banlieue », peut-on lire sur le site web de la fondation parisienne.

« On a beaucoup parlé de l’uniforme, commente Jean-Jacques Becouze, à l’initiative d’une telle école à Angers. Mais ce ne sont que des sweats. » Quant aux couleurs distinctes : « Ça vient du fait que dans notre projet on veut absolument le respect de l’égalité et de la dignité homme-femme, argumente Claude Maillet, un autre pilier du projet. La fille doit être respectée en tant que fille par le garçon. Et inversement. Parce que généralement, on ne va que dans un sens. »

« Monplaisir, la Roseraie ou Belle-Beille »
Le premier, Jean-Jacques Becouze, expert-comptable à la retraite, est le président de Gouvernail, une récente association angevine, placée sous l’égide d’Espérance banlieues. Le second, Claude Maillet, retraité également, ancien directeur du collège privé de la Cathédrale d’Angers, en est le vice-président.

« Nous avons commencé à travailler en septembre dernier, rappelle Jean-Jacques Becouze. Aujourd’hui, c’est confirmé, nous allons ouvrir une école à la rentrée dans l’un des quartiers sensibles d’Angers. Ça peut être Monplaisir, comme la Roseraie ou Belle-Beille. »

Une nouvelle venue dans ce réseau d’écoles privées hors contrat, présentées comme non confessionnelles. La toute première structure de ce type est née en 2012 à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Depuis sept autres ont ouvert à Marseille, Mantes-la-Jolie ou encore à Asnières-sur-Seine. À la rentrée, de nouvelles classes devraient aussi voir le jour à Orléans et à Angoulême.

« La recherche d’un cadre »
Des villes différentes pour des motivations identiques. « Redonner des chances à ces enfants-là », assure Claude Maillet. Ceux qui sont notamment « d’origine maghrébine, africaine ou turque ».

« La population musulmane notamment est en recherche de cadre, affirme le président. Nous restons ouverts à toutes les cultures bien sûr. Mais je pense que ce sont eux qui seront intéressés par notre modèle. »

Un modèle avec des effectifs réduits, « pas plus de 12 ou 13 élèves par classe » et un programme basé sur « un retour aux fondamentaux » : « Lire – écrire – compter, insiste Claude Maillet. Mais aussi sur l’histoire, enseignée dans l’ordre chronologique. »

« Fraternité et respect »
Mais Espérance banlieues, c’est aussi des valeurs comme « la fraternité et le respect de la famille ou des symboles de la nation ». Dans les écoles existantes, des cérémonies sont organisées occasionnellement avec levée du drapeau ou encore Marseillaise. « Ce genre de choses, ça choque parfois en France, concède Jean-Jacques Becouze. Mais quand j’étais petit, ça existait. C’est pas en supprimant tout qu’on avance. » « L’objectif, c’est que les enfants se sentent bien dans leur pays tout en conservant leur culture de base, ajoute Claude Maillet. C’est pour ça qu’il y a ce drapeau. Il faut qu’il y ait un socle minimal à partager. »

Sans oublier « une méthode scout » : « Les enfants participent à toutes les tâches. Ils font la vaisselle par exemple ou nettoient la cour. »

Deux classes de primaire
Reste désormais à mettre toutes ces idées en pratique. Le Gouvernail devrait ouvrir deux classes de primaire à plusieurs niveaux à la rentrée. Avec l’espoir, si le concept fonctionne, de prolonger jusqu’à la troisième d’ici quelques années.

Un directeur et deux instituteurs sont d’ores et déjà recrutés. « Les deux enseignants sont aussi éducateurs, précise Claude Maillet. Ils ont tous les deux un master. Et tous les deux ont été scouts. »

Derniers détails à régler: trouver des locaux… et des enfants pour les occuper d’ici septembre. Des points qui seront peut-être éclaircis lors de la réunion d’information organisée par l’association, le 30 mai prochain, à Monplaisir.

Source : Article texte Ouest France du 22 mai 2017 par Pauline Darvey

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